Chronique: nos auteurs lus par nos auteurs

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Voici les chroniques résultant de la rencontre du 11 mars 2018, lors du brunch annuel des auteurs membres de RAPPEL: Parole-Création. Tous les articles résultant de cette activité seront affichés au  deuxième étage du Centre d’art de Sainte-Rose pendant les cinq jours du festival Gens de Parole, qui sera cette année jumelé à notre Expo-vente pendant la Semaine des artisans en début d’août. Certains des auteurs viendrons lire leurs chroniques lors de l’ouverture le mercredi 1er août.


les_souvenirs_ventriloquesCommençons avec la première chronique que nous avons reçue. Ici, l’auteur Jean-Pierre Pelletier nous livre sa recension du recueil de Robert Hamel, Les souvenirs ventriloques.

« Ce n’est point avec des idées qu’on fait des vers… C’est avec des mots. » Voilà ce qu’aurait répondu Stéphane Mallarmé au peintre Degas, ce dernier voulant s’enquérir auprès de ce Sphinx des Lettres françaises de la fin de la deuxième moitié du XIXe siècle pour savoir comment on peut écrire un poème.

Voilà en quelque sorte ce à quoi nous convie Robert Hamel avec Les souvenirs ventriloques. Le lecteur en quête d’idées (si c’est là ce qu’il cherche) les trouvera dans l’entrelacs des mots, ceux à l’aide desquels l’auteur pétrit la pâte de ses poèmes. Celui-ci trouve son dire dans un faire façonné à même la plasticité des mots, de leur rythme, avec des procédés rhétoriques bien connus, tels l’allitération, l’assonance, la récurrence, jeux de mots, paronomase, paronyme, etc., produisant des effets dont il use sans se priver, se donnant à ce jeu, pourrait-on dire, d’une manière souvent jubilatoire. Voici quelques exemples :

sa beauté est insoutenable

comme la nudité nubile

d’une nymphe nébuleuse

comme la grâce d’ébène

d’une princesse nubienne

la fièvre qui embrase

les lèvres qui embrassent

Le texte Ivre de vie qui clôt le livre résume bien ce qui caractérise cette écriture.

Ce dispositif est mis au service d’une conscience dont le parcours oscille entre joie et angoisse et peut se voir comme un lieu où le corps, les sens sont appelés à exulter. C’est aussi un moyen par lequel notre monde, son absurdité et le train-train quotidien qui semble de plus en plus le définir se voient dénoncés dans un verbe au ton parfois acéré, imprécatoire, parfois avec finesse et plus de retenue.

On se plaît à imaginer ce que peuvent produire ces textes lorsque lus par quelqu’un dont la voix épouse la forme-sens, le tempo qu’une bonne voix pourrait conférer à leur oralité.

Pour conclure, vient aussi à l’esprit une citation de Paul Valéry : « Je n’ai pas voulu dire, mais voulu faire, et c’est ma volonté de faire qui a voulu ce que j’ai dit. »

Jean-Pierre Pelletier

Robert Hamel, Les souvenirs ventriloques, poésie, Les Éditions de l’étoile de mer, Montréal, 2013, 106 pages.

Mise en page 1Passons maintenant à Aimée Dandois-Paradis, qui nous parle du recueil Avant de renoncer, de Dominique Gaucher.

Dominique Gaucher détient une maîtrise en sociologie de l’Université de Montréal. Elle a longtemps travaillé au gouvernement du Québec à titre de conseillère, d’analyste et agente de recherche.

Parallèlement à son travail, elle a publié de nombreux ouvrages scientifiques. Cependant, elle est aussi une nouvelliste et poète. À ce dernier propos, Dominique Gaucher a publié trois recueils de poésie aux Écrits des Forges dont : Solos (1999) puis suivra Trajets, passages et autres déménagements d’atomes (2010). Et six ans s’écouleront avant la venue de son troisième recueil de poésie : Avant de renoncer (2016).

Dans cette œuvre on pénètre discrètement sur la pointe des pieds dans un univers aseptisé et médicalisé où domine la blancheur des lieux et la sobriété du propos.

Il est réparti sur trois chapitres :

Entre ces murs relate son entrée dans le nouvel univers où Guy Gaucher incarne un personnage en proie à la maladie qui le transforme et le contraint à vivre autrement et dans un autre lieu. C’est ainsi que :

Commence la vie à un autre rythme

Le tien

Les mots ne doivent pas se bousculer

Les pas se précipiter

Impossible de planer au-dessus des sentiments.

La notion du temps et des gens s’estompe irrémédiablement :

Tu as oublié un peu qui je suis

Tu ne me reconnais pas comme ta fille

Tu me courtises

Puis, lui succède le chapitre suivant où l’artiste s’octroie la mission de

Refaire le monde

 l’homme y parvient, et la poète complice joue le rôle :

Tu vois une œuvre d’art

Dans les rideaux froissés

Chanceux

Petit à petit, le temps déconstruit l’artiste

Ce qu’il reste de toi

Ce sont de très courtes strophes très évocatrices qui nous plongent dans les derniers moments de vie du père de la poète où l’économie des mots stigmatise le scénario d’un dépouillement progressif de l’être et de l’espace de vie dont nous demeurons témoins impuissants :

C’est encore toi

Des miettes de toi

agglutinées

autour de ce nerf idoine

La sobriété du langage se jouxte à celle des lieux où lentement s’efface la vie un peu à la manière de la ténuité de la dentelle de Bruges quand on fragilise lentement les fils graciles de l’ouvrage.

C’est un recueil à lire et à relire afin d’en goûter toutes les nuances de blanc que la sensibilité de la poète nous invite à partager jusqu’à l’ultime, où même les silences sont éloquents.

Aimée Dandois-Paradis

Dominique Gaucher, Avant de renoncer, Ecrits des Forges, 2016

Occupons MontréalAnna-Louise Fontaine nous parle maintenant d’Occupons Montréal, de John Mallette.

Il est dit sur la quatrième de couverture que John Mallette est un poète prolétaire. Il a clairement choisi son camp : le 99 %. Mais tout n’est pas si clairement départagé quand on a gardé comme lui son âme d’adolescent utopiste. John est un pur, il ne fait pas de compromis. Il guette en lui-même le moindre signe de lâcheté. Il se chargera même des péchés de ses frères. Il deviendra le consommateur ou le résigné pour être encore de leur côté. Avec une loyauté sans faille, il s’accusera de l’apathie de ses concitoyens.

« Et moi, comme un imbécile

Je fais l’autruche »

Ses arguments sont d’ironie. Pour dénoncer en soulignant l’absurde des situations.

« Droite, gauche, droite.

En avant les chrétiens.

J’ai soif de sang.

Dieu nous a confié…

La supériorité. »

Réflexion aussi sur la responsabilité. Et sur le choix à faire entre subir et réagir. L’éternelle question entre ce qu’on peut changer et ce que l’on doit accepter. Habiter le maintenant, d’accord. Mais s’il est inacceptable?

Mais ce que je retiens de ce livre, c’est son immense amour pour ses compagnons de fortune. Il ne se sauverait pas tout seul. Il est irrémédiablement lié à ses frères de rue. C’est cet amour des autres qui le fait souffrir et souhaiter leur libération. Il leur prête, que dis-je, il leur donne sa voix. Et sa souffrance est réelle, celle de voir des enfants mourir, des innocents persécutés, des pauvres, les victimes du système. Mais il doit parfois se rendre à l’évidence :

« Dans ce pays démocratique,

La liberté… n’est qu’illusion. »

Et cela ajoute à sa souffrance. De constater l’inconscience qui pousse les gens à voter pour qui les exploite, pour qui leur retire leurs droits et les dépouille de leur dignité.

John Mallette a-t-il écrit ce livre pour que nous levions tous debout ou simplement pour se poser la question à savoir si c’était possible? Le combat peut-il être gagné ou est-il perdu d’avance?

« Les morts

Sont tous…

Du même bord! »

Son dernier poème se termine par un cri :

« Au secours quelqu’un! »

Mais sur la page qui suit, il nous laisse cette phrase de Hegel :

« La longue histoire de l’humanité a un sens. »

Mais le connaîtrons-nous un jour? Comment garder espoir?

Anna-Louise Fontaine

John Mallette, Occupons Montréal, éditions Louise Courteau, 2012

L'autre face des étoilesVoici maintenant Rollande Boivin, qui a lu L’autre face des étoiles, de Marie-Sœurette Mathieu.

Recueil de poésie en deux parties : Haïkus divers et L’autre face des étoiles. Textes à la mémoire de « tous ceux qui sont subi (…) le séisme du 12 janvier 2010 à Haïti. »

L’auteure y ouvre son « cœur grand comme (…) une nuit de pleine lune. »

Haïkus divers :

Comme fleur offerte sur les tombes, en guise d’épitaphes pour Jude, Ninon, Georges, Mireille, Andréanne…

dans les décombres

cris et gémissement

percent les tympans

Les plus touchants rappellent la vie.

voix au microphone

et doigts au clavier

tout son corps est musique

Et les enfants.

enfants souriants

châteaux de sable roux

sous le parasol

(…) faut se séparer.

L’autre face des étoiles :

Les textes les plus évocateurs ravivent Haïti. « (..) Un pays érigé sur les reins du vent » et des pans de l’enfance pas toujours bénite mais parfois, balafrée. Encore là, elle ranime des disparus, sa maison, Popo, Michael…

Pour les Inuits, les aurores boréales représentent l’âme des ancêtres. Il m’a semblé que Marie-Sœurette Mathieu, retrouvait les siens dans les étoiles filantes. « Je déclare mon amour aux étoiles », écrit-elle.

Rollande Boivin

Marie-Soeurette Mathieu, L’autre face des étoiles, Lorraine : Éditions le Grand fleuve, 2012

Quattro t2Passons maintenant à Janine Pioger, qui a lu Quattro, tome 2 : Passion éternelle, d’Évelyne Stefanato.

Dès le début du livre, la passion est au rendez-vous. On lit la première phrase : « Le choc de ma rupture avec Franco a failli m’emporter », affirme Marie-Christine, et c’est le livre qui nous emporte.

Roman intrigant en même temps qu’écriture agréable. L’auteur met sur scène les personnages principaux à tour de rôle. En le lisant, on se sent souvent entre deux mondes, celui de l’au-delà avec des anges qui nous accompagnent continuellement et celui bien évident de la réalité terrestre.

« Toute cette histoire renferme un parfait mélange d’imbroglio immatériel : Al qui semble être coincée entre les deux mondes, madame Blackburn qui avance à travers des tranchées accidentées avec des œillères mal ajustées, et moi, qui essaie depuis plusieurs mois de rééquilibrer ce grand chaudron plein de sorts qui jouent contre l’humanité! » (pense Ashley, véritable ange incarné [chapitre 19, p. 151])

Étrangement quand ce livre m’a été confié, j’étais en train de lire Messages de l’au-delà. La vie sur Terre et celle de l’après-mort, de Serge Girard. Je ne quittais pas cet entre-deux qu’on découvre en soi quand les mots sont là pour nous le révéler. Oui, la grande passion dépasse le terrestre. Bien que Marie-Christine lutte contre ce sentiment, il arrive un moment où elle doit bien le reconnaître :

« L’amour insatiable que je ressens pour lui ne s’éteindra jamais, car ce sentiment est beaucoup plus fort que moi… cela m’a pris beaucoup de temps pour le comprendre. » (Chapitre 28, p.230)

Et petit à petit, c’est nous qui comprenons. On ne peut échapper au destin, à notre mission sur terre, même si parfois nous devons traverser les ténèbres.

Son étudiante, Ashley (cf. ci-dessus), l’aide tout au long du livre, à distinguer sa voie.

— Madame Blackburn… vous êtes enceinte… enceinte d’un être exceptionnel qui naîtra le 10 octobre 2012 à 22 h 08 exactement, l’heure de sa conception. (Chapitre 31, p. 271)

Cela nous rappelle quelque chose à nous, chrétiens. Et pourquoi pas? Le Christ moderne.

Mais cet enfant ne naît pas de la Vierge Marie, même si les conditions pour une conception ne semblent pas, au premier abord, rassemblées. Les scènes érotiques qui commencent lorsque enfin les deux amoureux se laissent dériver au gré de leur désir sont bien décrites, sans vulgarité, mêlant amour physique et spirituel.

— Je t’aimerai toujours aussi, Tina… toujours. Rejoins-moi maintenant…

Il écarta mes jambes, en restant toujours à genoux en face de moi, et ses yeux me dirent qu’il était prêt à arriver; je l’étais aussi et à la prochaine et profonde poussée, j’ai laissé sortir un cri guttural, un gémissement de plaisir suave et nos deux corps exultèrent presque en même temps. (Chapitre 28, p. 258)

Mêlant intelligemment le terrestre et le céleste, le spirituel et le temporel, la lecture de ce livre du futur nous remplit d’espoir.

Stefanato, Évelyne, Quattro, tome 2: Passion éternelle, Laval: éditions Véritas Québec, 2017, 357p.

Dominique Gaucher a lu Brumes d’enfance et Babillages, d’Aimée Dandois et Françoise Belu.

Aimée Dandois est l’auteure de nombreux livres de poésie et a publié de la poésie en revues.

Comme l’indique Aimée Dandois elle-même en liminaire, le livre est né des toiles de Françoise Belu qui lui ont causé un grand émoi. Elle y a lu toute la détresse d’une enfance aux rêves avortés qu’elle a transcrit dans une série de poèmes où l’artiste, nous a-t-elle confié, s’est ensuite reconnue. Le lecteur et la lectrice sont happés pour leur part par un univers trouble qu’on tente de déchiffrer pour eux dans un langage clair.  Ici, on ne cherche pas à faire image pour faire image, mais à toucher au vrai.

Le lien établi entre l’œuvre et le poème ne l’est pas de manière directe, bien que l’on retrouve parfois un écho explicite de la toile dans le poème comme dans le cas très réussi de la toile La marelle (p. 58) :

Entraves

résistances

combats intérieurs

ces feux qui grondent

te nourrissent

Déchirée entre ciel et terre

l’attrait de la marelle

te rapatrie fillette

au royaume douillet de tes peluches

Le livre explore l’enfance d’un être en butte aux difficultés qu’elle enfouit au plus profond d’elle-même (p. 48) :

Tu ressens l’âpreté

des évènements

jalonnement d’obstacles

insérés dans les portes du cœur

et que

tu enfouis

dans les plis originels

C’est de cet enfouissement que nait le titre de Brumes d’enfance («où la brume parfois appelle la lumière», p. 40), qui définit bien le caractère imprécis des souvenirs et de l’état de l’artiste et qu’elle exprime pour sa part par des collages où tout apparaît en ordre – au moins en apparence – dispersé.

L’univers de la protagoniste est dicté par celui de sa « déesse-mère » (p. 36 et 40) :

Au flan des heures

tu orthographies mes sentiments

 

… et (p.20) :

Aveugle à mon désir

tu exultes

et

d’un trait de rasoir

ton véto assassine le rêve

lacère

l’oriflamme de mes récriminations

Le rêve de la danse que n’a pu réaliser l’artiste est évoqué (p. 28) :

Agile furet en tutu

tu cabrioles

petite étoile

dans l’anonymat

d’un silence abyssal

Finalement, Brumes d’enfance est un beau livre au style dépouillé où on trouve des images fortes, comme dans (p. 18) :

À la fenêtre de l’absence

tu t’accroches

Les jours ont épuisé

le calendrier des attentes

Un fond de mélancolie

détache

un clou rouillé déçu.

Cette dernière image dépeint adroitement la tristesse de l’enfant écorchée. Un livre à lire et à regarder.

Brumes d’enfance, Poésies 2014, Aimée Dandois et Françoise Belu, Babillages, Techniques mixtes sur toile, 2009, Éditions Cidihca, 2014

Folle à délierMaintenant, John Mallette a lu Folle à délier, d’Anna Louise Fontaine.

Ce magnifique livre contient deux facettes; la première partie en prose est un témoignage romancé qui décrit très bien un personnage, Marie, prise dans l’engrenage d’un système psychiatrique qui semble avoir oublié le côté humain de sa pratique.  La théorie de la technique prime et les dossiers sont des numéros.

Marie se demande, « Pourquoi cette intolérance à la souffrance mentale? » Elle se sent impuissante.  Elle pose des questions et ne reçoit pas de réponses! Elle doute des compétences des intervenants et elle a peur de perdre le contrôle.  Où est la vérité?  Elle a l’impression de lutter pour sa vie! Elle veut vivre en liberté comme tout le monde mais on la soigne derrière des barreaux sans l’essentiel, la compassion.

Chimie accompagnée de thérapies non prouvées dans un environnement pas du tout normal.  Vaincue par son impuissance, car si elle se plaint ou qu’elle pose trop de questions, on augmente sa dose de pilules.

Prise dans un combat, à se demander, où est «  le respect?  La dignité? »  Il faut faire attention de ne pas trop déranger.  « Personne te demande pourquoi tu as voulu mettre fin à tes jours? »

« Ayant juré que je ne me laisserais pas détruire…  Mais je resterais hors d’atteinte, réfugiée dans mon monde ». La rage a sa place dans ce système faussé par des théories simplistes, Marie déguise son propre caractère.

Chacun son scénario. Faut « avoir le courage de toiser ses peurs parce que j’ai reçu beaucoup d’amour et que la solitude me fut souvent épargnée ».

Marie ne vit pas, elle survit… en attendant!  Après beaucoup de temps : « Je suis maintenant décidée à accueillir le destin. Car, si je ne l’ai pas toujours appelé, je l’ai à tout le moins permis. Je mérite le bonheur!»

« La vie est un présent qu’il nous faut prendre. »

DEUXIÈME PARTIE DE FOLLE  À  DÉLIER

Quelle poésie de style élevé ou l’émotion se mêle à l’histoire de drames familiaux pour célébrer des suites enchantées.

Recroquevillée sous les coups

que tu appréhendes

tu erres nue et affamée

dans le glacial labyrinthe

de tes cauchemars

De sublimes rencontres avec soi-même:

ni rester dans l’ombre

qui avait si faim de liberté

mais qui s’emmêlait

dans ses chaînes

Tout est exquis et démontre la profondeur ensoleillée de la pensée d’Anna Louise :

il engendre la paix

qui vient de révéler

la beauté qui nous habite.

Quel plaisir de parcourir ces mots admirables et de traverser ce panorama qui est plus que ça : une vie entière avec ses hauts et ses bas.  Mais à un moment donné, Anna Louise nous amène à un  pont :

détrôné les spectres

qui régnaient

sur mes rêves

Je vous laisse deviner le reste, ou mieux encore! Lisez ce livre plein d’agréables surprises!

Fontaine, Anna Louise, Folle à délier, éditions Les très mal entendus, 2017